PERSONNES ÂGÉES

Vieille dame avec canicheLes personnes âgées placées en institution doivent souvent se résigner à être privées de ce qui leur tient le plus à cœur : la maison que l’on quitte, le conjoint qui décède, la perte de l’autonomie et, parfois, la perte du sentiment de sa propre utilité. S’il ne peut rendre le foyer, le partenaire ou la vie d’antan, l’animal peut aider à se remémorer les souvenirs d’hier. Qui n’a pas déjà eu un chat, un chien, un lapin ou des poissons à un moment ou un autre de son existence ? Les animaux sont souvent le fil conducteur qui permet à la personne vieillissante d’effectuer un retour sur son passé, pour en revivre les bons moments et peut-être envisager plus sereinement la dernière étape. L’animal peut devenir, l’espace d’un moment, le Fido, le Jeannot-Lapin ou le Minou qui ont procuré joie et affection. L’interaction entre la personne et l’animal permet de recevoir de l’amour et de l’attention, et surtout d’en donner. L’animal éveille en nous l’envie de protéger et le sentiment d’être utile, ne serait-ce qu’en acquiesçant à ses demandes. Des gestes aussi simples que lancer une balle, donner de la nourriture, parler ou caresser un animal produisent des résultats étonnants.

La présence d’un animal de compagnie encourage une personne à parler, à exprimer ses sentiments. Elle peut l’aider à recouvrer un peu de sa motricité. L’animal suscite également la curiosité. Qui est-il ? Où habite-t-il ? Que préfère-t-il ? Ces informations se transmettent de l’un à l’autre, favorisant, par cet intérêt commun, le rapprochement entre les individus. La présence de l’animal calme, rassure et diminue les comportements parfois agressifs. Exempt de préjugés, l’animal formé à la zoothérapie approche avec bonne volonté tous ceux qu’il rencontre, même les moins avenants ou les plus solitaires. Il arrive parfois que le simple fait de se sentir apprécié d’un animal abat les barrières jusqu’alors érigées comme moyen de défense contre la peur du rejet.

La littérature abonde d’exemples sur les vertus de l’interaction entre l’Humain et l’Animal qui appuient les observations faites sur place. Des recherches montrent que le simple fait de caresser un animal suffit souvent à réduire la tension artérielle de la personne. D’autres indiquent que la présence d’un aquarium dans un cabinet de dentiste a pour effet d’abaisser le niveau d’anxiété des patients en attente. À titre d’exemple, l’installation de volières dans des résidences pour personnes âgées ont un impact bénéfique notable. Ces petits pensionnaires ailés deviennent des amis qu’il faut visiter, à qui il faut parler, dont il faut s’occuper. Plusieurs résidants trouvent alors une raison de sortir de leur chambre et d’engager la conversation avec d’autres (Revue Santé, Juillet-Août 1987, p.17).

Déjà en 1984, à Grenoble, le docteur Etienne Fritz soutenait sa thèse en gériatrie sur le thème des animaux familiers dans la vie des personnes de plus de 60 ans. Il contacta quarante maisons de retraite acceptant les animaux et adressa aux directeurs un questionnaire. Il reçut 26 réponses. Plus de 75% des directeurs affirmaient n’avoir aucun problème lié à la présence animale dans leur établissement, 65% répondant que la présence des animaux rendait leurs pensionnaires « plus heureux ». Un directeur affirma que « les animaux de compagnie aident les personnes âgées à mieux vieillir, surtout celles qui n’ont pas de famille, en les obligeant à penser à autre chose qu’à elles-mêmes et à leurs petites misères » (30 millions d’Amis, novembre 1987, no9).

 

Cette présence joue un rôle encore plus significatif chez les personnes vivant une période difficile : problèmes relationnels, de communication, d’isolement ou d’insécurité. En plus d’offrir une certaine « sécurité émotionnelle » par sa constance dans la relation, l’animal aide à combattre la solitude et redonne un sentiment de confiance et d’estime de soi.

On constate que les personnes âgées profitant de séances de zoothérapie sourient, rient davantage et sont plus portées vers les échanges interpersonnels que les autres. Leur humeur est globalement meilleure lorsqu’elles sont en présence du compagnon à poils ou à plumes et cet état semble se prolonger après la rencontre (Médecine du Québec, Avril 1992, p.75).

Différents chercheurs ont tenté d’expliquer ce phénomène : ils en ont conclu que des liens naturels ayant une action bienfaisante existaient entre les êtres humains et les animaux. Les effets de la présence animale sur la santé mentale et physique des humains sont mesurables. Il s’agit d’une avenue de recherche prometteuse, la zoothérapie ayant tant à offrir dans ses multiples applications.