DÉLINQUANTS ET DÉTENUS

Les dirigeants des Centres de détention qui ont choisi d’intégrer la zoothérapie dans leur milieu sont souvent surpris des effets positifs sur le climat social de leur établissement. Pour reprendre les paroles de M. Alex Mead, officier en milieu carcéral, « les animaux familiers ne devraient pas être considérés comme un privilège, mais comme une part importante de la réhabilitation des détenus ».

Parmi les effets remarqués, on note plus particulièrement :

  • Une amélioration de l’estime de soi du détenu et de ses relations personnelles avec les autres détenus, le personnel et la famille
  • Une diminution de la violence et un besoin moindre de médication
  • Une diminution de suicides
  • Une perception améliorée du milieu carcéral dans la communauté
  • Une éducation valable et des aptitudes utiles
  • Des emplois à la sortie pour certains.

(WHYHAM, Mary. Actes du premier Congrès international : L’homme et les animaux compagnons : avantage pour la santé. Madrid, juin 1991.) Pour le détenu, l’animal représente une partie du monde extérieur. Il vient rompre la monotonie du temps passé en détention. Mais plus que tout, les compagnons à poils et à plumes constituent un moment d’arrêt en territoire neutre où il est permis de laisser choir quelque peu ses défenses. La vie en milieu carcéral, loin d’être de tout repos, entraîne l’individu dans des luttes constantes de pouvoir où l’expression des émotions n’a pas sa place. Isolés, en marge de la société, étiquetés et devant vivre avec le poids du jugement de leurs pairs, les détenus utilisent la zoothérapie comme une soupape leur permettant de laisser filtrer certaines émotions. Avec une petite vie confiante bien calée contre soi, un museau inquisiteur niché au creux du cou, il est possible de reprendre doucement contact avec ses émotions.

Accorder une valeur à une petite créature vivante sous-entend que la vie humaine mérite elle aussi d’être respectée et maintenue. Dès lors, on peut penser que les séances de zoothérapie auprès des détenus peuvent dépasser les limites du moment présent et exercer une influence à l’intérieur de la prison, éventuellement même à l’extérieur de ses murs. Dans un centre de détention de Québec, où nous effectuons des séances de zoothérapie depuis plusieurs années, une diminution marquée de l’agressivité entre les détenus et une augmentation des échanges positifs entre ceux-ci et les membres du personnel ont été constatées, pendant et après les séances de zoothérapie.